Histoire d'une rencontre... A Thuin l'atelier d'Alois Roland se situait le long du chemin de halage, vers Aulne, après le pont de chemin de fer, où se construit actuellement une importante station d'épuration. Le batiment a aujourd'hui disparu. Le bras droit D'Aloïs Roland, Guiseppe Cristalli, a continué la fabrication et l'entretien de l' "Europe ", à Biercée, dans son " chantier naval ". Cet atelier modeste, (…) ne laisse pas deviner son activité. Nous l'y avons rencontré.
Il nous raconte qu'Alois Roland était bruxellois. Excellent traceur en tôlerie, il est très fort en dessin. Puis il deviens délégué médical et circule beaucoup. C'est ainsi qui passe par Thuin. Il est conquis par son charme et s'installe en bord de sambre. C'est dans son garage que le premier bateau voit le jour. Il le destine a son fils et à sa fille, à qui il veut offrir un bateau de taille réduite. A cette époque, Guiseppe Cristalli a une vingtaine d'années. Il habite chez ses parents de l'autre coté de la sambre et construit, dans la salle a manger familiale, un grand kayak en polyester. Cela viens aux oreilles de l'inventeur qui cherche de l'aide : les deux hommes vont devenir complice. Ils travaillent alors dans un petit atelier qui connaitra quelques agrandissements, réalisés par eux-mêmes. Nous étions alors en 1964. Jusque fin 79, quelques 1700 " europe " sont produits. Ils sont destinés au monde entier.
Guiseppe Cristalli est menuisier ébéniste de formation. Ses connaissances sont très intéressantes pour le projet et s'intègre bien dans la préoccupation d'Aloïs Roland : une continuelle recherche de rentabilité en veillant à l'économie de moyens et une volonté constante et opiniâtre de toujours améliorer les qualités du bateau.
Six personnes travailleront à la fabrication. Il n'en fallait pas plus car le travail exigeait énormément de soin. " Pour Aloïs Roland, précise-t-il, ce devais être un bateau pour tout le monde, sans distinction. L'important, c'était le client, quel qu'il soit. Il ne donnait sûrement pas de préférence pour les gens prétentieux. C'était une passion, on ne regardait pas aux heures de travail en semaine comme le weekend. "
La maladie aura raison de l'inventeur qui décède en 1980. L'atelier aura fermé ses portes a Noël 1979.
Guiseppe Cristalli a reçu tous les plans originaux, signe de sa fidélité et de sa compétence à continuer l'œuvre. Il en fabriquera encore une trentaine et continue les entretiens et réparations. " je n'ai navigué que deux fois sur ce bateau, Confie-t-il. "
Extrait du journal " la meuse " article écrit par Pierre Dejardin. 2006
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